Cher ami,


Je suis heureux de partager un autre travail de nos amis de l’université de Tuebingen, sur la qualité et les conditions de stockage de l’ocytocine et du misoprostol. Ces médicaments sauvent des vies dans la prévention et le traitement des hémorragies post-partum, et ils sont importants pour réduire la mortalité maternelle, ce qui est l’un des objectifs du développement durable. Dans le cadre d’une collaboration entre l’Université de Tuebingen et l’Université du Rwanda, Bizimana et ses collègues ont étudié la qualité et les conditions de stockage de ces médicaments dans des établissements de santé rwandais choisis au hasard, en suivant un protocole similaire à celui d’une étude antérieure menée au Malawi (mise en évidence en 200406 BCH/QUAMED).


Contrairement aux rapports d’autres pays africains, au Rwanda, la disponibilité et les conditions de stockage de l’ocytocine et du misoprostol se sont avérées très bonnes dans la plupart des endroits. Peut-être en rapport avec ces bonnes conditions de stockage, aucun échantillon d’ocytocine à teneur insuffisante n’a été trouvé, ce qui, là encore, est clairement différent des rapports d’autres pays africains.

Toutefois, un lot d’un fabricant chinois déclaré contenait une quantité excessive d’ocytocine (environ 120 % de la quantité déclarée), et un autre lot de ce fabricant contenait, de manière surprenante, des concentrations extrêmement variables d’un agent de conservation (non déclaré) dans différents flacons du même lot, ce qui indique des violations flagrantes des bonnes pratiques de fabrication.


Sur les six marques de comprimés de misoprostol ayant fait l’objet d’une enquête, deux marques s’écartaient fortement des spécifications, contenant moins de 50 % de la quantité déclarée dans tous les échantillons de ces marques ayant fait l’objet d’une enquête. Les autorités rwandaises ont été informées par les auteurs de cette étude, ont revérifié et confirmé les résultats des analyses, et ont immédiatement rappelé les deux marques de misoprostol non conformes aux normes au Rwanda.


En particulier, tous les échantillons d’ocytocine et de misoprostol collectés qui étaient soit des produits préqualifiés par l’OMS, soit fabriqués dans un pays doté d’une autorité réglementaire stricte (SRA), ont été jugés de bonne qualité sur tous les sites de collecte le long de la chaîne d’approvisionnement. Les auteurs ont conclu que pour l’ocytocine et le misoprostol, avec leurs problèmes bien connus de qualité et de stabilité, l’approvisionnement devrait éventuellement être limité aux médicaments préqualifiés par l’OMS et/ou aux médicaments fabriqués dans des pays disposant d’un ARS.


Malheureusement, notre estimé collègue, le professeur Pierre Claver Kayumba, qui a co-organisé et co-rédigé cette étude, est décédé très récemment et n’a pas vu sa publication finale.


Je vous souhaite une bonne lecture,
Raffaella


PS Jusqu’au 31 janvier 2021, vous pouvez vous inscrire au nouveau cours court de l’IMT sur les politiques pharmaceutiques dans les systèmes de santé ! Veuillez consulter le site https://edu.itg.be/courses/pharmaceutical-policies-in-health-systems

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